Interview : 4Trakz

4t

Salut 4TrakZ. On te connait déjà un petit peu par le « Connaissez vous ?! » que l’on avait réalisé sur toi mais peux-tu nous en dire plus sur toi comme la signification de ton pseudo par exemple.

Salut à tous. Alors 4TrakZ = « 4 pistes » en anglais. J’ai ce pseudo depuis que j’ai commencé à participer à mes premières demoparties en 2000 en tant que participant aux concours de modules (le module est un format musical propre aux trackers). J’ai commencé à utiliser des trackers sur Amiga et à l’époque, tu n’avais que 4 pistes pour faire toute ta compo (2 à gauche, 2 à droite !)

Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de pistes pour bosser mais je garde ce pseudo en souvenir du bon vieux temps.

Il s’est passé beaucoup de temps entre ton enfance et la sortie de cet EP, quel a été l’élément déclencheur qui t’a poussé à faire de la musique étant petit et celui qui t’as vraiment donné l’envie de t’y consacrer pleinement ?

En réalité, j’ai commencé par jouer de la guitare, j’étais vraiment tout gosse. Je m’y étais mis sérieusement pendant un bon bout de temps, et quand justement j’ai découvert les trackers, je me suis amusé à composer sur ordinateur. Mais c’est resté une activité un peu secrète, je ne pensais pas pouvoir intéresser des gens avec mes sons cheap. Quand j’étais étudiant, j’ai joué dans plusieurs groupes en tant que guitariste-chanteur et parallèlement je faisais des modules en demoparty.

Malheureusement j’ai tout arrêté en 2000, quand je suis parti étudier en Espagne.

J’ai recommencé à vraiment m’intéresser à la musique électronique (et surtout au live) après avoir vu Daft Punk en concert aux Eurockéennes. C’était tellement fou que j’y suis retourné quand ils sont passé à Bercy. Du coup je suis allé voir Chemical Brothers peu de temps après, puis Justice à Lyon. J’ai donc commencé par découvrir ce monde par les plus gros en quelque sorte… Dans ces concerts, la communion entre les artistes et le public était telle que vraiment je me suis dit « il faudrait que je m’y remette ».

Mais l’élément déclencheur a surtout été la période la plus difficile de ma vie durant laquelle je me suis plongé dans le son pour ne plus penser.

Tu as rejoint le label Electrolarge depuis un peu plus d’un an maintenant. Comment s’est fait ce choix ?

En fait, je ne connaissais vraiment rien à tout cela. J’avais envoyé à Florian (le DA d’ElectroLarge) une demande d’ami sur Myspace en lui demandant son avis sur mes sons. Il était sous le charme et a demandé à me signer tout de suite. J’ai dit ok.

Ton premier EP Le Frère Lumière sort aujourd’hui. Pourquoi ce nom ? Que signifie Episode 1 en sous titre ? Quelles ont été tes influences ainsi que ton état d’esprit pour la réalisation de cet EP ?

J’ai fait cet EP en hommage à mon frère (jumeau) avec qui on a partagé la plus grosse galère de notre vie jusqu’à l’année dernière. A chaque fois qu’il m’arrive un gros problème, il est là pour moi. De plus, en France, tout le monde connait les frères Lumière, alors je trouvais ça cool de le porter au singulier. Ça illustre bien ce que représente mon frangin pour moi : la lumière dans l’obscurité.

Mes influences pour sa réalisation : Marcus Miller et Jaco Pastorius pour le jeu de basse, Danger pour la richesse de ses compositions et Daft Punk pour le potentiel dansant de leurs titres.

Mais en règle générale, j’ai pioché dans beaucoup beaucoup de choses pour me faire cette identité musicale… Pas seulement de l’électro. Il y a même des choses dont j’ai un peu honte ^^. Ce que je peux dire c’est qu’on retrouvera ma touche dans le reste de mes prods, mais j’essayerais de ne pas avoir d’autre influence que moi-même. En ce moment je réfléchis beaucoup sur ce que je peux apporter en termes d’innovation et pour ça, je me fais violence : je n’écoute presque plus de musique. :(

Dans quel univers vit 4TrakZ ?! Je fais bien sur référence à la combinaison (qui est réelle et que tu portes même sur scène) ainsi qu’à tous les dessins présents sur ton Myspace qui te représentent (un peu comme Danger)

> Photo de la combinaison <

Ahahaha ! Je l’attendais cette question ! Pour l’instant je suis le seul à le savoir et je tiens à le rester, au moins jusqu’à la sortie de mon album… Pour te mettre sur la piste je te dirais « entre Ciel et Terre »…

Si je passe sur Lyon et que je décidais de faire un tour dans ton studio, qu’est ce que j’y trouverais niveau matos que ce soit en hardware/software ?

Alors ça c’est la partie comique du truc.

En software, j’utilise un tracker (évidemment) qui s’appelle Renoise. Après j’ai quelques VST et VSTi dont la plupart sont gratuits mais j’utilise énormément de sample que j’ai récupéré de ma collection Amiga. Je les re-travaille ensuite sur Audacity au besoin (repitching, modification de la vitesse…). Ca peut paraître pauvre mais c’est ce qui fait ma touche. En même temps je pense qu’il y a beaucoup d’artistes qui ont du très bon matos et qui en font n’importe quoi. Moi je ne sais pas me servir de Cubase, Reason, Protools… Sinon pour le live j’utilise Ableton Live, comme beaucoup.

Côté hardware j’ai une carte son Line 6 TonePort UX2, un clavier maître E-MU que je n’ai pas encore utilisé (le clavier de l’ordinateur fait office de clavier maître dans un tracker) et pour le live un controleur Remote Zero SL de Novation (très très bien). C’est à peu près tout. Pour résumer, mon Mac et un casque me suffisent largement pour bosser.

Est-ce qu’un gros projet ou une collaboration entre les différents artistes d’Electrolarge pourrait être envisageable ? Je pense par exemple à Indiscreet et à Jean-Tube … Un trio gagnant en quelque sorte…

Tout est possible ! On est déjà très potes avec Indiscreet et Jean-Tube, mais on a encore du mal à se voir par manque de temps… D’ailleurs j’en profite pour parler d’Aidos, également chez Electrolarge, qui mérite une écoute attentive : ses compositions sont vraiment folles !

Toi qui à commencé très tôt, quels conseils pourrais-tu donner à un jeune (ou moins jeune) qui voudrait se lancer dans la musique électronique ?

Je dirais qu’il faut commencer par écouter, beaucoup. Puis apprendre à utiliser les logiciels, petit à petit jusqu’à les maitriser avant de se lancer dans la création pure. Aujourd’hui on a la chance de trouver des tutoriels par milliers sur le net. Idem pour le mix : garder en tête que c’est une discipline à part entière et que ça demande beaucoup de temps et de patience( en plus d’une bonne oreille). C’est un travail sans fin.

Ensuite, c’est purement personnel mais je pense que l’electro est indissociable du live, donc mon conseil c’est de toujours composer en pensant « LIVE ».

Donne moi un artiste et une track à ne pas rater en ce moment.

Bestrack, sans hésiter. Cet artiste aurait du se faire remarquer depuis très longtemps d’après moi. Il va finir par cartonner, j’en suis sûr et certain. En ce moment j’écoute beaucoup son remix de « Spirit of the Night » de Tesla Boy. Un vrai travail d’orfèvre.

Le futur de 4TrakZ vu par 4TrakZ il est comment ?

Vous verrez bien !

C’est peut être un peu tôt pour en parler mais quels sont tes projets à venir ?

Au contraire, je suis ravi que tu me poses la question. L’Episode 2 du Frère Lumière est déjà bien entamé et l’album suivra assez vite car j’ai déjà posé de bonnes bases. Je pense que les gens vont être surpris.

La phrase de fin c’est maintenant et c’est ce que tu veux.

Je veux surtout remercier tous les gens qui ont contribué au projet 4TrakZ tel qu’il est aujourd’hui : Flo pour avoir cru en moi, Laeti et Seb pour me faire don de leurs voix, Michael pour ses illustrations, Vincent pour le logo, Charlie pour la 3D, Yann pour le costume, Muet One pour les graffs sauvages et enfin Olive pour son travail de com et son soutien immuable…

J’espère que je n’oublie personne.

Bonne continuation à Stop The Noise !